Mohamed Kacimi

Mohamed Kacimi le 12 décembre

 

 

 

 

 

« Je n’écris pas en français. J’écris en moi-même »

Depuis le 28 septembre et jusqu’au 20 décembre 2013, la Ligue de l’enseignement des Côtes d’Armor accueille, en partenariat avec Les bistrots de l’histoire Mohamed Kacimi en résidence à la Maison Louis Guilloux.

Plusieurs temps forts autour de cette résidence :

  • Des ateliers d’écritures dans divers établissements scolaires (Lycées Freyssinet, Jean Moulin et Renan de Saint-Brieuc), accompagnés de la mise en place d’un blog (écrire la guerre d’Algérie), qui accueillera les textes des élèves.
  • Une rencontre à la Maison Louis Guilloux le jeudi 12 décembre (Un jeudi, Un écrivain de 18h30 à 20h00).
  • Le bistrot de l’Histoire Bretagne et guerre d’Algérie, le 21 février 2014 au lycée Freyssinet à Saint-Brieuc avec la participation de Mohamed Kacimi

Mohamed Kacimi

Tour à tour poète, romancier, dramaturge et essayiste, Mohamed Kacimi, écrivain algérien vit et travaille aujourd’hui en France. Il écrit également pour la jeunesse.

Il grandit dans la zaouïa de la ville sainte d’El Hamel. Une cité citadelle aux portes du désert, coupée du monde extérieur, dans le sud d’Alger.
La zaouïa était une immense bibliothèque. Mohamed Kacimi y fréquente une école coranique où tous et toutes sont admis, étudiant le coran mais aussi la poésie, la culture et rendant hommage à la Langue. Il s’y construit ainsi aux côtés de deux grands-pères, théologiens qui lui transmettent, à travers leur parfaite maîtrise des textes une liberté – du corps et de la parole- excluant l’intégrisme et l’ouvrant sur le monde. Par ailleurs, son père lui fait découvrir aussi bien
des figures historiques de la pensée philosophique arabe que Sartre.

Agé de sept ans au moment de l’indépendance, Mohammed Kacimi est formé par l’école coranique comme par l’école française. Adolescent, il découvre Rimbaud et les surréalistes et décide d’écrire en français. Il entame alors des études de littérature française à l’Université d’Alger. Après quelques voyages à Marseille et l’espoir que suscite l’élection de François Mitterrand, il part pour la France et s’installe définitivement à Paris en 1982 où il entre à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales.

Se confrontant aux difficultés du quotidien d’un immigré, il se consacre malgré tout à l’écriture. Après être passé par divers métiers (tel professeur d’alphabétisation, pigiste, traducteur, « nègre »), son premier roman « Le mouchoir », refusé par dix-sept éditeurs, est publié en 1987 chez L’Harmattan.


« Le texte aussi fort que bref qu’est le « Mouchoir » constitue sans doute la première véritable satire de l’Algérie indépendante. Mœurs publiques et mœurs privées sont exhibées sans acrimonie mais avec un aplomb renversant, à travers la vie inquiète d’un bureaucrate du parti unique en province. » (Le Monde)

S’en suivra une œuvre très riche et très diverse. A travers ses différents textes, il ne cessera de s’interroger sur les rapports de l’homme au pouvoir, sur Dieu et sur la religion.

Deux essais en collaboration avec Chantal Dagron : « Arabe, vous avez dit arabe ? » et « Naissance du désert » deux ans plus tard. Un second roman (« Le Jour dernier ») ainsi que de courts récits autobiographiques sur son enfance à El Hamel paraissent chez Autrement, Balland ou Gallimard, avant qu’il ne se tourne vers l’écriture théâtrale. Sa pièce « 1962 », Prix Lugano du théâtre, est accueillie par Ariane Mnouchkine au Théâtre du Soleil, et « La Confession d’Abraham », écrite lors d’un séjour au Sinaï, fait l’ouverture de la saison 2002 du Théâtre du Rond-Point. Il a également signé l’adaptation de « Nedjma », le roman de Kateb Yacine, au Studio de la Comédie Française la même année. Il reçoit en 2005 le Prix SACD de la francophonie.

On notera également parmi ses nombreuses publications : « Terre sainte », publié à L’Avant-Scène Théâtre (Coll. des Quatre Vents), a reçu la mention spéciale du jury du Grand Prix de littérature dramatique 2007, « Le Jour où Nina Simone a cessé de chanter », Actes Sud 2008, prix de littérature Armorice, traduit depuis en plusieurs langues et adapté pour le théâtre, « L’Orient après l’amour », Actes Sud, 2009.

Mohamed Kacimi a également obtenu le deuxième prix du festival international de théâtre libre à Minsk en Biélorussie en 2007. Il fût Lauréat Beaumarchais en 1997 ainsi que Lauréat Missions Stendhal en 2004 et 2012.

Il est nommé Chevalier des arts et des lettres en 2005.

Il est actuellement Délégué général de l’association Écritures du monde (ex-écritures vagabondes), dont l’action vise aux développements des écritures dramaturgiques contemporaines et des échanges internationaux d’auteurs et d’artistes entre l’Europe, l’Europe de l’Est et le bassin méditerranéen. Mohamed Kacimi anime par ailleurs plusieurs ateliers d’écriture.

Journaliste à ses heures, Mohammed Kacimi a notamment été envoyé spécial du journal Actuel durant la guerre du Golfe en 1991.

Jeudi 12 Décembre : rencontre autour de « La confession d’Abraham », Collection L’arbalète, Gallimard, 2000 dans le cadre des rencontres « Un jeudi, Un écrivain chez Louis Guilloux »

Dans toutes ses pièces se retrouvent les thèmes chers à Mohamed Kacimi, « La confession d’Abraham » étant celle où il dit se reconnaître le plus.

Figure tutélaire sévère, initiateur de la circoncision, Abraham est unanimement considéré comme le père de l’homme monothéiste. Mais il est aussi l’origine de bien des batailles entreprises au nom de Dieu. Dans cette pièce, Mohamed Kacimi se saisit de la figure de ce pâtre patriarche pour s’adresser aux trois grandes religions monothéistes.

Abraham est-il bien ce patriarche austère qui, sans hésiter, s’est exilé de Mésopotamie avec son peuple pour obéir à Dieu ? Mohamed Kacimi l’imagine au contraire taraudé par le doute, nous racontant ses errances, son amour pour sa femme Sarah, son désir de paternité. Cet homme assailli par ses émotions a-t-il vraiment, par soumission à la volonté divine, accepté sans sourciller de sacrifier son fils Isaac ? Déboulonner un mythe et en faire un homme, inviter par l’humour et la tendresse à une critique lucide de la religion et de ses excès : tel est le pari réussi de Mohamed Kacimi.

Mohamed Kacimi à propos de la « La confession d’Abraham » :

«Je le vois aujourd’hui debout à Hébron, dans le caveau des Patriarches en train de lire les lettres que lui envoient ses enfants des quatre coins du globe. En même temps, il nous raconte sa vie : comment il a découvert Dieu, comment il a inventé l’exil en quittant Ur. Combien il a rêvé de terres promises et connu de désillusions, ses descentes en Égypte, ses errances et ses guerres, son désir de progéniture, la naissance d’Ismaël et celle d’Isaac.
À ses côtés, il y a Sarah, son amour et sa compagne de quêtes. Femme auteur du premier éclat de rire dans la Bible, et qui, depuis trois mille ans, n’arrête pas de nous répéter : « Mes enfants, si les religieux vous ennuient un jour, n’hésitez pas à chatouiller le Livre, il se roulera avec vous par terre. Abraham, votre père, en est témoin.»
Mohamed Kacimi.

« La confession d’Abraham », portée à la scène :

Mise en scène par Moni Ovadia, Piccolo théâtre, Milan 2009

Mise en scène de Michel Cochet, Théâtre du Rond-Point, 2002

Théâtre-papier, mise en scène d’Alain Lecuq, la Chartreuse, 2001

« La confession d’Abraham » est par ailleurs traduit en américain

Presse (extraits à propos de la « La confession d’Abraham ») :

« Mohamed Kacimi, fort de sa culture biblique, progresse dans l’évocation de la Genèse avec humour, intelligence et grâce. » Emmanuelle Polle, pour Lire .

« Chez Mohamed Kacimi, le ciel appartient aux hommes. Rien ne le sépare de la terre. Il témoigne d’une générosité du pluriel face à l’ordre singulier, en multipliant les sources, les affluents, les confluents et les estuaires qui pourraient mener à la sagesse et à la paix. » Jean-Louis Perrier, pour  Le Monde .

« Ce langage qui permet toutes les audaces, les rêves et les plaisirs, Mohamed Kacimi l’utilise en écrivain désormais confirmé et presque essentiel. » Radios chrétiennes de France

« Un texte magnifique, une partition aux registres contrastés où s’entend aussi bien une poésie d’un lyrisme puissant dans la lignée d’Ibn Arabi que le mouvement agile d’une pensée toute voltairienne. » Jean-Pierre Siméon, pour L’Humanité

La résidence :

Du 28 septembre au 20 décembre, la Ligue de l’enseignement accueille en résidence à la Maison Louis Guilloux Mohamed Kacimi dans le cadre d’un partenariat avec l’association les Bistrots de l’histoire.

L’installation d’un écrivain en résidence permet de nouer des relations riches : l’auteur peut s’imprégner de la ville qui l’entoure, les habitants le repèrent et peuvent assister à différents temps de rencontre programmés en différents lieux et sous différentes formes. Par ailleurs, des ateliers d’écriture sont proposés dans différents établissements scolaires (Lycées Freyssinet, Jean Moulin et Renan de Saint-Brieuc). Ce projet d’écriture s’applique à dessiner les contours de l’impact -visible ou invisible- laissé aujourd’hui par la guerre d’Algérie dans la mémoire des différentes générations des habitants des Côtes d’Armor.
Une restitution de ces textes aura lieu le 21 février 2014 à l’occasion du Bistrots de l’Histoire consacré aux conséquences de la guerre d’Algérie.

Par ailleurs un blog (http://ecrirelaguerredalgerie.wordpress.com/) rendra compte des différents ateliers menés avec les élèves (lettre, poème, photographie). Il regroupera également différents archives (sonores, photos, presse) de cette période et archivera Le Bistrot de l’histoire du 21 février.

Contact : Soizic Landrein : soizic.landrein@wanadoo.fr – 02 96 01 51 31 – www.fol22.com

Les rencontres « Un jeudi, Un écrivain chez Louis Guilloux » sont gratuites et destinées à tous les publics. Elles vous sont proposées un jeudi par mois de 18h30 à 20h, tout au long de l’année, à la Maison Louis Guilloux et sont organisées par la Ligue de l’Enseignement des Côtes d’Armor, en partenariat avec la ville de Saint-Brieuc, avec le soutien du Conseil Régional de Bretagne et de l’Agglomération de Saint-Brieuc.

Contact : Laetitia Pilard : maison.louis.guilloux@wanadoo.fr –  02 96 01 51 31 – www.fol22.com

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