Laurence Vilaine

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Jeudi 28 novembre, la Ligue de l’enseignement des Côtes d’Armor vous invite à une rencontre avec Laurence Vilaine et son roman « Le silence ne sera qu’un souvenir » à la Maison Louis Guilloux.

Laurence Vilaine nous propose de remonter le fil. Le fil tortueux de l’histoire d’une famille mais aussi celui de l’histoire d’une communauté Rom des rives slovaques du Danube, le fil du souvenir.

« Le Rom, il tient comme il peut, ballotté d’un courant d’air à un autre, le vent s’engouffre partout où il pointe son nez. Il n’est attendu nulle part, vous le savez bien, on le refile à son voisin ; à peine a-t-il posé sa famille qu’on le fait déguerpir, et on l’accuse de ne pas tenir en place ».

Ce premier roman, paru chez Gaïa fin 2011, vient étrangement percuter l’actualité. Coup de cœur des lecteurs d’Erquy en 2012, il faisait partie de la sélection du prix Louis Guilloux 2013 organisé par le Conseil général des Côtes d’Armor.

Il a par ailleurs reçu le prix Prix littéraire de l’ENS Cachan 2012 et le prix Prix littéraire des Grandes écoles 2012.

 « Je n’ai pas décidé d’écrire sur les Roms. (…). C’est venu naturellement. Pour moi, il s’agit d’un livre qui dit le poids du passé, de cet héritage à la naissance, plus ou moins lourd selon notre propre histoire et peut-être surtout celle de ceux qui nous ont précédés. Il s’agit du silence qui peut peser comme un couvercle trop lourd sur les existences, l’idée étant alors de le briser pour n’en faire qu’un souvenir »

Le vieux Mikluš a trop longtemps gardé le silence, alors cette fois il va raconter. Les déménagements, les amitiés, les persécutions, la musique et la transmission malheureuse. Portraits de femmes et d’hommes qui avancent tant bien que mal sur le chemin des non-dits : Dilino le souffre-douleur de la bande, parce qu’il est différent avec son air de gadjo, « La Vieille » qui s’appelait autrefois Chnepki et qui avait alors une voix d’ange, Lubko, le sculpteur de marionnettes qui jouait du violon comme un Tsigane.

A travers une écriture très poétique et intime, Laurence Vilaine reconstitue le puzzle de ces destins hors du commun marqués par le sceau de l’histoire familiale. L’histoire politique aussi, du cœur de l’Europe des années 40 à nos jours traversée par ce peuple de « crasseux Tsiganes, voleurs de poules et sans savates ».

 » N’allez pas chercher fleurs bleues et longs jupons ourlés d’or, on vous rirait au nez, et laissez les roulottes dans leur cimetière, ça fait une paye que le joli folklore n’est plus d’actualité. De la vie de bohème avec lequel votre inconscient continue peut être de nous marier, vous savez bien qu’il ne reste presque rien, quelques vieilles ritournelles et les cheveux bouclés de Carmen, tout ça ne pèse pas bien lourd dans l’héritage laissé aux suivants. Ce qui fait le poids, c’est tout le reste, tout ce qu’on met sur le dos du Rom avant même qu’il sache se tenir droit. Le nourrisson n’a pas poussé son premier cri qu’on lui demande de se taire, il n’a que trois cheveux sur le crâne qu’il est déjà pouilleux, et à peine parvient-il à aligner cinq mots qu’on l’accuse de mentir. Un jour ou l’autre il sera suspecté de vol, de violence et peut être même de crime. Vous trouvez que j’ai la main lourde ? Eh bien disons qu’il est de toute façon asocial et qu’à partir de ce constat, vous pouvez lui coller sur le front l’étiquette de votre choix. »

Ces rencontres gratuites et destinées à tous les publics vous sont proposées un jeudi par mois de 18h30 à 20h, tout au long de l’année, à la Maison Louis Guilloux.

Elles sont organisées par la Ligue de l’Enseignement des Côtes d’Armor, en partenariat avec la ville de Saint-Brieuc, avec le soutien du Conseil Régional de Bretagne et de l’Agglomération de Saint-Brieuc.

Retrouvez également Laurence Vilaine à la Bibliothèque municipale d’Erquy, vendredi 29 novembre à 20h30.

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