Guyette Lyr

Guyette Lyr le 17 octobre 2013_modifié-1

Un jeudi, Un écrivain chez Louis Guilloux avec Guyette Lyr et son neuvième roman « Judith Nothing » (Actes Sud, 2011)

« Je suis née dans un train entre la France et l’Italie, j’en ai gardé l’amour des frontières, la crainte et l’envie de les passer. Enfant de deux langues, les mélangeant, les confondant, me méfiant des mots et les révérant, j’ai appris à observer ce qui se joue entre eux, derrière eux. »

Cette présentation par elle-même de Guyette Lyr pourrait presque être celle de Judith.

Judith trente-trois ans à l’état civil, vie entre bastille et Charonne. Suivant le même chemin que sa mère, elle s’est délocalisée il y a plus de 20 ans. Préférant l’univers de son père et le monde de la rue avec ses lois, ses clans, ses territoires, et ses débrouilles en guise de semblant de famille.

Sa mère, issue de la bonne bourgeoisie de banlieue de l’Ouest parisien, a décidé d’en finir quand elle avait deux mois et son père, en bon récidiviste, elle le visite maintenant au parloir, essayant de lui donner le change, s’obligeant à se comporter en nécessiteuse honnête et respectable pour le faire tenir.

Une organisation qui suit son cours entre combines, associations et galères.

C’est la mort du grand père, apprise par hasard à « l’endroit de la nécrologie », qui fait remonter le nom maternel et tout ce qui va avec « des morceaux de son existence accrochés à un fil qui n’est pas du genre résistant ».

Personnage à la frontière donc, « la crainte et l’envie de les passer » la faisant finalement prendre le train pour un régulier Paris-Bourg-Ferréol, avec Changement à Pontoise. Pour un voyage d’un monde à l’autre : celui des « paumés » qu’elle connait bien et celui des nantis qu’elle redécouvre, réapprend, hésitante à se reclasser.

« J’ai pensé au beau monde et aux manières que j’avais fréquentés auprès du Grand Vieux et, après avoir tâté le médaillon enfoui dans ma poche, j’ai senti la chaleur non seulement dans mes doigts mais dans l’ensemble de ma personne. Je me suis dit alors, avec force et persuasion, que le bijou héréditaire avait valeur de signe, qu’Yvonne, en me l’attribuant, m’avait remise en lignée. Que si le destin, cette fois, me draguait en code honnête, c’était en l’honneur de mon père, choses à considérer urgemment. »

Après une enfance passée en Italie, Guyette Lyr fait ses études en France où elle obtient sa maîtrise de Lettres. Elle suit une formation de comédienne à L’Ecole Jacques Lecoq à Paris. Entre tragédie et comédie, le personnage du clown qu’elle met en scène dans ses premiers « One woman show  » va la conduire à l’écriture de théâtre puis au roman.

Romancière et nouvelliste elle est l’auteur :

– D’un recueil de contes et nouvelles : Les Portes du secret  (éditions du Seuil)

– De huit romans :

La Fuite en douce, (éditions Mercure de France), prix Hermès et le Grand Prix des lectrices de Elle

– L’Herbe des Fous, (éditions Mercure de France)

– Adèle Ripois ou le Portrait, (éditions Mercure de France)

– Un trou dans le soleil, (éditions Mercure de France)

– Retour à Elna, (éditions Mercure de France)

La Petite Nudité (éditions Calmann Levy)

La Nuit d’amour des autres (éditions Actes Sud) en cours de traduction en italien

– La saison des Hommes (éditions Actes Sud)

Judith Nothing (éditions Actes Sud)

Auteur dramatique, elle a écrit pour la scène :

L’amoureuse et Attention à la marche, deux comédies clownesques qu’elle a jouées elle-même en France, Belgique, Etats-Unis et Israël. Elle a donné les droits de l’Amoureuse à une comédienne anglaise qui l’a jouée en France et en Angleterre.

Au-dessus du train (éditée à l’Avant-scène collection Quatre vents) en cours d’adaptation en vue d’une dramatique réalisée par Yves Pignot.

Aimer sa mère (édité chez Actes Sud) représenté en janvier 2005 par Le Théâtre National de Nice dans une mise en scène d’Alfredo Arias.

Maison Jupons (édité à L’Avant Scène collection des Quatre vents) est actuellement traduite en italien afin d’entrer dans une collection d’auteurs français sélectionnés en vue d’un projet franco italien.

L’Empaillé qui a fait l’objet d’un atelier au théâtre du Rond Point ( Rond -Point des formations) pour des comédiens stagiaires, sera mis en scène par Yves Pignot.

Elle a reçu Le prix Talents nouveaux de la Société des Auteurs dramatiques.

Elle a écrit pour la radio quatre dramatiques réalisées et diffusées par France Culture :

– Méfie-toi du basilic

– Le cercle d’eau

La vieille fille ornementale

– Nid baroque.

Elle a participé au Bureau de Lecture des Dramatiques de France Culture et produit différentes émissions sur cette chaîne dont Mon voyage du clown à l’écrivain, rediffusé pour la troisième fois en Mai 2004.

Egalement à sa bibliographie :

–          Oser s’exprimer (édition Evrolles, collection pratique)

–          Quelle femmes êtes-vous ? , Les dix visages de la psychologie féminine, illustré par Claire Bretécher (édition Evrolles)

–          Les Mille et une femmes, petit manuel de survie pour messieurs en terrain miné, illustré par Claire Bretécher (édition Le Passage)

A lire :  QUAND L’ENTREPRISE FAIT DE L’ŒIL AU THÉÂTRE par Guyette Lyr

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