Camille Dal

 

Camille Dal le 27 février

Le 27 février à la Maison Louis Guilloux : FOotBall ! FoOTbAll ? Rencontre avec Camille Dal et « Football, Sociologie de la haine » (avec Ronan David), L’Harmattan, 2006

 

 

Camille Dal est professeur des écoles à Alençon (Orne).

Pratiquant de basket et étudiant en Staps visant le professorat d’EPS, il bifurque après la maîtrise vers la sociologie du sport au contact de l’enseignement de Patrick Vassort, maître de conférences à l’université de Caen et animateur de l’un des courants de la Théorie critique du sport autour de la revue Illusio (ainsi nommée en référence à un concept forgé par Pierre Bourdieu). Camille Dal entame alors un doctorat : « J’ai choisi pour sujet de thèse la “sportivisation” de la société à travers la généralisation de la compétition, y compris dans des domaines ou des lieux comme l’école ou l’université. « Je voulais montrer que la recherche de la performance et la mise en compétition dès le plus jeune âge comportaient un aspect morbide et mortifère et allaient contre l’émancipation et la santé des individus. »  Parallèlement à son métier d’enseignant, qu’il exerce depuis quatre ans, Camille Dal est toujours membre du comité de rédaction d’Illusio. (www.revueillusio.free.fr)

(Mars 2012 de la revue « en jeu une autre idée du sport » n°454, une revue de l’USEP)

Camille Dal « Football, Sociologie de la haine » (avec Ronan David), L’Harmattan, 2006.

« Le football est généralement décrit comme un moyen de rencontre entre les peuples, mais en réalité il est surtout question de haine; haine de son propre corps, haine de l’autre, haine du féminin, haine de la pensée se retrouvent dans le football. Les auteurs tentent ici de rendre compte de cette véritable culture de la haine afin de lutter contre le matraquage idéologique véhiculé par l’industrie capitaliste sous-culturelle de masse mais aussi par nombre d’intellectuels ayant renoncé à toute analyse critique préférant se complaire dans l’idéologie confortable du multiculturalisme footballistique, du football éducatif, démocratique, …»

Extrait de l’interview du numéro de Mars 2012 de la revue « en jeu une autre idée du sport » n°454 :

Camille Dal, vous avez codirigé en 2006, à l’occasion du Mondial en Allemagne, un ouvrage intitulé « Football, sociologie de la haine » : de quelle « haine » parliez-vous ?
L’idée était de réunir des textes dans une perspective critique afin de mettre en évidence des aspects du football ayant trait à la haine : haine de l’autre (qu’il s’agisse de l’adversaire ou parfois de ses coéquipiers), haine du corps (en raison d’une pratique violente), haine des femmes (à travers la prostitution organisée), haine de la pensée et de l’intellectualisme, etc. Pas pour pointer des « dérives » mais pour démontrer, comme s’y attache la théorie critique, qu’il s’agit de faits incarnés dans le football.

 

Mais à user de mots aussi violents que ceux de « haine » ou de « barbarie », n’y a-t-il pas là une volonté de choquer, au risque de ne pas être entendu ?
J’estime que la réalité est radicalement choquante, et les mots vont avec celle-ci. Certes, quand je parle de « haine » ou de sport « morbide », « mortifère », j’utilise des mots violents, mais ce qui se passe sur les stades de football, grands ou petits, est violent. Le vocabulaire utilisé par la théorie critique va au fondement de ce qu’est le sport et de sa violence. Inutile de s’encombrer d’euphémismes : le travail universitaire exige d’aller à la radicalité des choses.

Vos deux « cibles » favorites sont le football et l’olympisme : qu’incarnent-ils à vos yeux ?
Ce sont d’excellents objets d’analyse du paysage sportif. L’olympisme a une histoire, une idéologie, et a toujours donné lieu à des événements importants qui en annonçaient d’autres. Quant au football, en tant que pratique sportive la plus populaire, très investie émotionnellement et ayant un fort ancrage historique et culturel, il est emblématique de tout ce que l’on souhaite montrer par rapport au sport. L’analyse que l’on fait du football ou de l’olympisme peut ensuite être transférée à d’autres pratiques sportives.

Ce qui s’applique au football peut donc s’appliquer à l’aviron par exemple ?
Football et olympisme sont les deux institutions dans lesquelles les caractéristiques sportives que sont la compétition, la haine de l’autre, la recherche du rendement et le travail sur le corps ressortent le plus. Mais les autres sports ne sont pas à part. Vous parlez de l’aviron : bien qu’elle soit moins perceptible, la logique est la même.

 

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