Julia Deck

Jeudi 17 décembre nous accueillerons Julia Deck à 18h30 à la Maison Louis Guilloux. Elle nous présentera son second roman, Le Triangle d’hiver, publié aux éditions de Minuit.

©Hélène Bamberger

©Hélène Bamberger

 

Née à Paris en 1974, Julia Deck a étudié les lettres à la Sorbonne. Après plusieurs petits boulots dans l’édition, elle devient chargée de communication auprès de grandes enseignes avant de décider, en 2005, de se consacrer plus particulièrement à l’écriture.
Son premier roman, Viviane Elisabeth Fauville, porte sur une bourgeoise en déroute qui, un soir, enfonce un couteau de cuisine dans le ventre de son psychanalyste. Publié aux éditions de Minuit, c’est un succès lors de la rentrée littéraire 2012. Julia Deck poursuit son travail sur l’identité avec son second roman, Le Triangle d’Hiver.

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Plus d’informations sur le site des éditions de Minuit

Quelques extraits :
Vous êtes Viviane Elisabeth Fauville. Vous avez 42 ans, une enfant, un mari, mais il vient de vous quitter. Et puis hier, vous avez tué votre psychanalyste. Vous auriez sans doute mieux fait de vous abstenir. Viviane Elisabeth Fauville, Éditions de Minuit, 2012

Ecoutez madame Hermant, voilà ce qu’on va faire. (…) Soyez gentille, recommencez le traitement, revenez me voir mercredi, et on passe à trois séances par semaine. Le lundi à 8h, ça vous va ? Soudain vous redevenez très calme. Le docteur a trouvé le mot juste. Gentille. Vous ne le serez plus jamais. Viviane Elisabeth Fauville, Éditions de Minuit, 2012

Bérénice Beaurivage. Je le tourne, le retourne et n’y discerne pas un pli. Oui, ce nom m’irait à la perfection, réfléchit-elle en pivotant vers la fenêtre qui encadre une rue morne. […] Je vais prendre ce nom. Je vais l’adopter, m’y glisser, l’arborer sous toutes les coutures, devenir en tout point la femme suggérée par ces sonsLe Triangle d’hiver, Éditions de Minuit, 2014

Vous avez, mettons, une trentaine d’années. Cela fait environ trois cent mille heures que vous apprenez à vous connaître, en comptant le temps de sommeil qui n’a guère moins de raisons de fournir des informations sur la personne du dormeur que les instants de veille. Ainsi, vous possédez de vous-même une certaine idée, fondée sur une pratique quotidienne, des habitudes, une manière d’éprouver les émotions, de telle sorte que vous n’êtes pas bien dans votre tête – il n’y a que les magazines de salles d’attente pour aspirer à de tels sommets –, mais comme à la maison dans votre crâne. Et voici que vous êtes contrainte d’en changer. De vous extraire de votre abri le plus intime pour élire domicile ailleurs, dans la tête de Bérénice Beaurivage, dont vous ne savez rien sinon qu’elle paraissait, à l’écran, une femme que cela vaudrait la peine d’être, avec une vie facile, un bel amant, beaucoup d’argent. Le Triangle d’hiver, Éditions de Minuit, 2014