Les Vitalabri

Jean-Claude Grumberg viendra nous présenter Les Vitalabri (Actes Sud Junior, 2014), roman pour la jeunesse, le jeudi 21 avril. Ce texte nous permettra de discuter autour de thèmes variés comme l’identité collective, l’exil, l’immigration, le racisme, la liberté … Nous prendrons également le temps d’échanger sur son oeuvre en intégralité.

Les vitalabri

 
Une fable profonde, à l’humour piquant, sur le destin d’une famille issue d’un peuple errant mal aimé, qui résonne avec l’histoire et l’actualité.
Les Vitalabri n’ont pas de pays. Ils sont chez eux partout et nulle part. Surtout nulle part ! Parce que ceux qui sont nés quelque part et retranchés derrière leurs frontières infranchissables n’en veulent pas.
Alors les Vitalabri, sans abri et sans papiers, avec comme seul bien leur violon, continuent leur route…

 

 

Critique issue du blog de l’express :
« Connaissez-vous les Vitalabri ? Non non, ne cherchez pas sur une carte ni sur une mappemonde, il n’y a pas de pays Vitalabri. Les Vitalabri sont chez eux partout et nulle part, surtout nulle part. »
C’est ainsi que débute cette histoire, aux résonances très proches dans l’actualité. Les Vitalabri sont une famille errante, en quête d’une terre accueillante, ce qui est difficile car « on n’aime pas trop les Vitalabri ». Ces derniers se lancent sur les routes et advienne que pourra. Leur seule richesse : la musique, chaque membre de la famille possédant un instrument. Arrivés devant une frontière réputée infranchissable, un passeur leur propose ses services mais finalement ils parviennent à passer cet obstacle. Derrière, ils sont parqués dans un grand palais aux fenêtres grillagées et sommés d’arrêter la musique. L’aîné des enfants parvient à s’enfuir mais perd le contact avec les siens…
 » – Alors on va partir chercher un endroit où on sera enfin comme chez nous.
– Et comment on saura qu’on est arrivés enfin comme chez nous?
– Quand on arrivera quelque part où les Vitalabri seront aimés.  »
Lorsque j’ai commencé à lire ce livre à mon grand fils, dix ans au compteur, je ne savais pas comment il allait le recevoir. Est-ce que cela allait lui plaire ? Cette histoire aux allures de fable est assez terrible et il suffit de regarder les informations pour trouver des tas d’exemples de personnes ressemblant aux Vitalabri. Finalement, Nino a adoré et trouvé le livre « génial » !
Ce livre charme par sa vision du monde non édulcorée, et aborde les thèmes du racisme, de la justice, de la liberté (ce qui peut faire peur !) avec beaucoup de subtilité. Le propos de fond est tenu à distance par un humour constant, grinçant et tendre. Les répliques sont drôles et très agréables à lire à haute voix, on sent que Jean-Claude Grumberg écrit des pièces de théâtre : il maîtrise son art.
En suivant les pérégrinations de la famille Vitalabri, on partage son quotidien. Grumberg fait participer le lecteur en le rendant actif : « Pour manger ? Comment faisaient-ils pour manger ? C’est une très bonne question, je vous remercie de me l’avoir posée car ça va me permettre d’y répondre. »
Complétant le propos, les illustrations de Ronan Badel sont subtiles et apportent de la douceur. J’ai regretté que les dessins ne soient pas tous parallèles au texte, car quand on lit une histoire, celui qui écoute peut observer tranquillement les dessins…
Un très beau livre, pour les enfants et les adultes, qui me laisse une forte impression.

Les premières pages du livre lues par Jean-Claude Grumberg sur France Culture