Arno Bertina

Le jeudi 19 mai, nous recevrons Arno Bertina à la Maison Louis Guilloux. Il nous parlera de sa nouvelles Des lions comme des danseuses publié aux éditions de la Contre-Allée en 2015.

©Charlotte Dupenloup

©Charlotte Dupenloup

Né en juillet 1975, Arno Bertina est un écrivain français.
Il est l’auteur de trois romans formant, selon ses dires, « une sorte de triptyque » : Le Dehors ou la Migration des truites, Appoggio et Anima Motrix. En janvier 2012 est paru Je suis une aventure, vaste roman qui reprend l’enquête lancée dans Anima motrix (un rapport mobile à sa propre identité) en utilisant de manière littéraire les figures du tennisman Roger Federer et de l’écrivain Robert Maynard Pirsig.
En 2004-2005, Arno Bertina est pensionnaire de la Villa Médicis à Rome. Il y prend goût aux expériences collectives, qui prolongent la recherche d’une écriture polyphonique. Collaborateur de diverses revues de création ou de critique,  il est également cofondateur de la revue bimestrielle littéraire et philosophique Inculte. C’est aussi cette dimension collective qui le pousse vers l’écriture radiophonique, à l’invitation de France Culture.

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Quelques extraits :
Le moi est une fiction, Johnny le sait, écrite par des géomètres et des plombiers, c’est-à-dire des voyous, des as de la résolutions, des circulations tordues mais fonctionnant, des champions du plan orthonormé. Tous rédacteurs foireux, qui appelleront « Orphée » un Johnny cash et « long fruit d’or » une pauvre poire – car ils ne savent trouver le fruit d’or dans Johnny cash, obsédés qu’ils sont par les rebondissements maîtrisés, les trajectoires bouclées. J’ai appris à ne pas rire du démon, Naïves, 2006

On a regardé hier un téléfilm idiot. Durant les cinq premières minutes on a fait connaissance avec les personnages. Puis on a vu la mère découvrir le journal intime de son fils (…) A chaque fois où l’on tombe, mon mère, ma sœur et moi, sur un scénario de ce type, je fais du bruit avec ma paille, je pose une question alors que je me fous de la réponse, je décris telle ou telle fringue, parle d’un prof qui n’existe pas, vais répondre au téléphone qui n’a pas sonné… Bref. Je fais du bruit et détourne le mieux que je peux leur attention de la télé. Car chez nous c’est un peu l’inverse : depuis trois mois je lis le journal intime de mon père. Énorme, Thierry Magnier, 2009

A chaque fois qu’il fera sombre je serai là, ma petite chérie. S’il y a trop de lumière on ne me voit pas – et ce n’est pas plus mal. Dompter la baleine, Thierry Magnier, 2012

On avait beau jeu d’affirmer qu’elles avaient été achetées, car certains explorateurs ou certains représentants de l’Etat français (…) avaient sans doute troqué ces œuvres contre un peu d’argent, ou des babioles, ou des menaces. Aucune transaction inattaquable, certainement. Certes il était possible d’affirmer qu’en les volant on les avait sauvées mais c’était tout de même tordu. Des lions comme des danseuse, La Contre-Allée, 2015