La place du chien

Le jeudi 9 avril, en partenariat avec La Passerelle, Scène Nationale, nous accueillerons Marine Bachelot à 18h15 au bar de la Passerelle. Elle nous présentera sa pièce La place du chien. Sitcom canin et post-colonial. en amont de sa représentation dans le théâtre à 20h30.

Sylvain, jeune musicien congolais se met en ménage avec Karine, caissière de supermarché. Elle a un labrador, nommé Sherkan, que Sylvain estime trop choyé : en Afrique, les chiens ne dorment pas dans le lit des humains…
A partir de ce début d’histoire qui semble tout simple, La Place du chien va devenir une fable qui croise fiction et document, parle d’amour, de sexe, d’animalité, d’oppression, de sorcellerie et de politique d’immigration…Car sous ses apparences d’inoffensive sitcom, la pièce va loin et devient politique. Marine Bachelot ne se cache pas derrière le petit doigt : elle est une auteure engagée. A travers des dialogues nerveux, elle nous livre une pièce subtile, parfois drôle, et qui interroge sur la différence. Dans une scénographie ingénieuse et sobre, les trois comédiens pleins d’énergie nous mènent à travers une série de situations toutes plus comiques les unes que les autres mais, derrière cette comédie de la vie, il y a des enjeux graves et bien réels.
Éditions des Deux Corps, 2014

Extrait de la critique de Rue du théâtre (ici en intégralité) :
C’est fou comme de petites choses, en apparence anodines, peuvent être le révélateur des tensions latentes d’un couple. Pour celui que nous découvrons sur scène, l’origine du malaise va venir d’un chien. D’un labrador noir plus précisément, imposant, docile, racé, gâté. Sa maîtresse – interprétée par la charismatique Flora Diguet – vit avec lui depuis plusieurs années dans son petit appartement. Ce chien, c’est son partenaire de vie. Leur complicité est évidente. Criante, même. Exclusive. Ce qui explique sans doute ce choix d’avoir confié au très agile Yoan Charles le rôle du chien, mimé avec beaucoup de grâce, de souplesse et d’émotions tour à tour instinctuelles et humaines. Alors, quand arrive cet homme – un musicien congolais, habité par le très juste Lamine Diarra – dans la vie de ce couple femme/chien, l’intégration est ardue. […] Marine Bachelot livre ici une pièce subtile qui interroge, à partir d’une histoire simple aux airs de sitcom, une multitude de malaises créée par une seule et même chose : la différence. Comment est-elle perçue, vécue, intégrée ? Qu’est-ce qu’elle révèle comme conflit ? Fonctionnant par tableaux successifs, cette pièce nous donne à voir l’évolution des personnages et le resserrement ou au contraire, la distension de leurs liens sur une scène large, profonde, intelligemment exploitée, dans laquelle on rit, on fait l’amour, on coure, on s’engueule. Un bel espace d’expression, marqué par des dialogues qui ne perdent jamais en rythme, relevés par des touches d’humour et par le choix de sons politiquement marqués ou d’écrans pour écrire les pensées qui ne se disent pas. Au sourire succède l’interrogation, au rire la gravité. Pour finir l’esprit quelque peu remué, face à la densité émotionnelle de cette pièce, qui vient chercher des choses que, généralement, on préfère (se) cacher.

Retrouvez La Place du Chien sur le site de la Cie Lumière d’Août ainsi que de nombreuses critiques sur leur revue de presse

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