Le dépaysement

La dernière rencontre de cette saison aura lieu le jeudi 25 juin à la Maison Louis Guilloux. Jean-Christophe Bailly nous présentera Le dépaysement : Voyages en France.

bailly

Il y l’eau vive de la Vézère et le calme bassin des carpes à Fontainebleau. La terre cabossée de Verdun et la ferme où habita Rimbaud. Les troupeaux de vaches, les jardins ouvriers de Saint-Étienne et le cimetière juif abandonné à Toul. Le pari de l’ouverture et les dangers du repli. Il y a les errances d’un écrivain et une interrogation : qu’est-ce que la France, quel est donc ce pays ?

Le sujet de ce livre est la France. Le but est de comprendre ce que ce mot désigne aujourd’hui et s’il est juste qu’il désigne quelque chose qui, par définition, n’existerait pas ailleurs. Ainsi commence Le Dépaysement. Mais pour répondre à cette question, à cette question d’identité, l’auteur, au lieu d’écrire un essai, a pendant trois ans parcouru le territoire, prélevant dans le paysage lui-même, sur le motif, les éléments d’une possible réponse. Les frontières, les rivières, les montagnes, les écarts entre nord et midi, mais aussi les couches de sédimentation de la conscience historique, ce sont tous ces éléments rencontrés en chemin qu’il restitue au sein d’un livre qui veut être avant tout la description d’un état de choses, à un moment donné. Cette « coupe mobile » fera donc passer le lecteur par une grande variété de lieux, des plus marqués par l’Histoire aux plus discrets, en même temps qu’il croisera quantité de noms et verra, mais sur pièces, se tendre les enjeux d’une question que l’actualité politique récente a fait resurgir, mais en la défigurant.
Éditions du Seuil, 2011.

Extrait de la critique du Nouvel Obs (ici disponible en intégralité) :
Il est rare, trop rare, qu’un auteur sache parler de son pays sans tomber dans le cliché littéraire ou, pis encore, verser dans un nationalisme de si mauvais aloi qu’il finit par confiner, comble du provincialisme, au chauvinisme le plus étriqué. C’est pourtant ce triple piège que réussit à éviter merveilleusement bien – l’exploit n’est pas mince – Jean-Christophe Bailly dans cet essai, Le Dépaysement – Voyages en France, où la connaissance du territoire le dispute, par sa subtile profondeur, à l’élégance de l’écriture.
Car Jean-Christophe Bailly n’y fait pas seulement preuve d’une remarquable maîtrise, tant sur les plans historique que sociologique, de son sujet : mettre à jour, à l’heure d’une mondialisation qui n’a d’universelle que le nom, l’identité, à travers la description de ses paysages les plus inattendus comme de ses pratiques les plus méconnues, de la France contemporaine. Il y fait montre également d’une sensibilité que bien des écrivains d’ aujourd’hui pourraient aisément lui envier. Ainsi ce livre à la texture particulièrement originale, que l’on pourrait légitimement situer aux confins de l’essai, par sa rigueur analytique, et du récit, par sa beauté stylistique s’avère-t-il, au fil de ses pages, comme une sorte de France « dépliée ».

 

 

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