Jean-Christophe Bailly

Pour clôturer cette première saison consacrée aux identités, nous accueillerons Jean-Christophe Bailly le jeudi 25 juin, dès 18h30, à la Maison Louis Guilloux. Il viendra nous présenter Le dépaysement – Voyages en France. Nous aborderons les thèmes de l’identité nationale et locale, mais aussi le rapport entre identité et appartenance à un territoire.

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Né en 1949, Jean-Christophe Bailly est docteur en philosophie. Il enseigne l’histoire de la formation du paysage à l’École nationale supérieure de la nature et du paysage de Blois, dont il dirige la publication Les Cahiers de l’École de Blois depuis 2003.
Il a fondé et dirigé les revues Fin de siècle et Aléa. Il a également dirigé les collections « Détroits » chez Christian Bourgois et « 35-37 » chez Hazan.

Très tôt, Jean-Christophe Bailly décide de se consacrer à l’écriture. Son ouvrage Tuiles détachées explique cette décision, ainsi que plusieurs étapes importantes pour la formation de son style. Proche du surréalisme lors de son entrée en littérature, il s’en est éloigné. Sa pensée constitue la continuité moderne de certaines idées du romantisme allemand : l’idée d’un sens sans frontières et aux formes mouvantes, dans l’esprit de ce que Novalis appelle l’Encyclopédie.
Depuis plus de 30 ans, il a publié une vingtaine de livres qui, le roman mis à part, arpentent tous les champs de l’écriture : essais, poésie, récits, ou encore pièces de théâtre. Il croise les genres et couvre de nombreux domaines qu’il s’efforce de faire jouer entre eux. Si sa démarche présente une très grande unité, au-delà de cette diversité, c’est d’abord parce qu’elle prend sa source dans le désir ou la volonté du poème.

Télécharger la bibliographie de Jean-Christophe Bailly

Quelques extraits :
Des noms, encore une fois, suffisent à ouvrir le jeu qui commença sur les atlas de l’enfance. On dit Pérouse ou Portland ou Bombay, Odessa ou Shangaï ou Istanbul et aussitôt un monde est touché, une couleur du monde est atteinte. La phrase urbaine – Éditions du seuil, 2013

À quoi tient que l’émotion soit si violente, à quoi tient que ce lieu soit plus bouleversant peut-être qu’un lieu d’horreur, c’est-à-dire ce qu’il faudrait pouvoir dire, c’est ce que j’essaye de dire ; dans cette maison le travail de deuil a été fait, mais de telles manière que se rouvre la déchirure. Ce deuil inachevable, c’est une façon d’habiter le temps : la maison d’Izieu habite la pente de la montagne et la pente du temps. Sur l’une, elle s’est arrêtée un matin d’avril et l’arrêt, l’arrêt sans image de ce matin coule pourtant comme d’un trou qui aurait été fait dans le temps. La colonie des enfants d’Izieu 1943-1944 – Libel, 2012

Le pays, ce qu’on appelle un pays, qui est ce qu’au fond j’ai essayé d’attraper à travers un artiste supposé l’incarner, en être, en venir, s’en réclamer, peut-être est-ce d’abord dans ces trames secrètes et leurs retours latents qu’il se rend présent et s’entrouvre ; non comme une masse ou une citadelle d’identités et d’acquis, mais comme une formation inachevée, une esquisse – le contraire (mais là je rêve, bien sûr) de tout repli, de toute académie, de tout « patrimoine ». Le dépaysement : Voyages en France – Éditions du seuil, 2011

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